Zenodo
Helicobacter pylori : coupable idéale ou innocente ? Le rôle modulateur des helminthes
By Jacques Le Marois.
Abstract
Résumé. Helicobacter pylori est considérée comme la principale cause du cancer de l’estomac, et la recommandation médicale est de la dépister et de l’éradiquer. Environ trois cancers gastriques sur quatre lui sont attribuables. Pourtant, la bactérie infecte une grande partie de la population dans plusieurs régions où ce cancer reste rare, notamment en Afrique et sur la côte pacifique de la Colombie. Dans le département colombien de Nariño, deux villes distantes d’environ 200 km ont une prévalence d’infection comparable, mais le risque de cancer gastrique est environ 25 fois plus élevé à Túquerres qu’à Tumaco. Cet article de synthèse examine l’hypothèse selon laquelle la co-infection par des helminthes modifierait le risque lié à H. pylori. Chez la souris, les helminthes retardent la progression des lésions précancéreuses. Chez l’humain, des études colombiennes associent leur présence à une réponse immunitaire de type Th2, qui tempère la réponse inflammatoire Th1/Th17 induite par la bactérie. Ces observations sont replacées dans le cadre de l’holobionte et de la théorie des “vieux amis” : H. pylori pourrait être elle aussi une vieille amie, dont le rôle dépend de l’écosystème complet dans lequel elle vit, helminthes compris. Abstract. Helicobacter pylori is considered the main cause of gastric cancer, and the medical recommendation is to test for it and eradicate it. About three in four gastric cancers are attributable to it. Yet the bacterium infects a large share of the population in several regions where this cancer remains rare, notably in Africa and on the Pacific coast of Colombia. In the Colombian department of Nariño, two towns about 200 km apart have a comparable prevalence of infection, but the risk of gastric cancer is about 25 times higher in Túquerres than in Tumaco. This review examines the hypothesis that co-infection with helminths modifies the risk associated with H. pylori. In mice, helminths delay the progression of precancerous lesions. In humans, Colombian studies associate their presence with a Th2-type immune response, which tempers the Th1/Th17 inflammatory response induced by the bacterium. These observations are placed within the framework of the holobiont and the “old friends” theory: H. pylori may also be an old friend, whose role depends on the complete ecosystem in which it lives, helminths included. English version: https://doi.org/10.5281/zenodo.23622031



